Escalier intérieur dans un logement
Information juridique

L'indemnisation après un accident de la vie courante

Chute, accident domestique, de loisir, de sport ou scolaire : aucun régime spécial n'existe. Tout dépend d'un responsable ou d'une garantie.

Régime applicable : Droit commun de la responsabilité civile

Par Henry Houlier, directeur de la publicationHH Conseil
Publié le

N'est pas avocat et ne délivre aucun conseil juridique : les articles exposent des règles générales, jamais l'appréciation d'une situation particulière. Comment ces contenus sont écrits et vérifiés.

L'essentiel

Il n'existe pas de « loi Badinter de l'accident domestique ». L'indemnisation suppose l'une de deux choses : un responsable identifié, dont la responsabilité est engagée sur le fondement du droit commun, ou une garantie contractuelle souscrite à l'avance. Lorsque ni l'un ni l'autre n'existe — l'hypothèse la plus fréquente — seules jouent les prestations sociales et les couvertures de prévoyance.

Un domaine défini par ce qu'il n'est pas

L'accident de la vie courante est celui qui ne relève ni de la circulation, ni du travail, ni d'un acte de soin, ni d'une infraction. Santé publique France y range les accidents domestiques, scolaires, de sport et de loisir : c'est, numériquement, la première cause de traumatismes en France, très loin devant l'accident de la route.

Cette définition en creux a une conséquence juridique directe : aucun texte ne vient dispenser la victime de prouver quoi que ce soit. Là où la loi de 1985 se contente de l'implication d'un véhicule et où le livre IV du code de la sécurité sociale pose une présomption d'imputabilité, ici tout est à établir.

Chercher un responsable : les trois fondements utiles

La responsabilité du fait des choses (article 1242 alinéa 1 du code civil) est le fondement le plus mobilisé. Le gardien d'une chose répond du dommage qu'elle cause, sans qu'une faute ait à être prouvée. Encore faut-il établir le rôle actif de la chose : pour une chose inerte — un sol, une marche, un plot — la jurisprudence exige la démonstration d'une anormalité, par sa position, son état ou son comportement. C'est là que se joue l'essentiel des dossiers de chute.

La responsabilité du fait des animaux (article 1243) pèse sur le propriétaire ou celui qui se sert de l'animal, y compris si l'animal s'était échappé. Elle est objective : la faute n'a pas à être prouvée, et seule une cause étrangère peut l'écarter ou la réduire.

La responsabilité du fait des produits défectueux(articles 1245 et suivants) permet d'agir contre le producteur lorsque le dommage provient d'un produit qui n'offrait pas la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre. Elle est enfermée dans des délais propres, dont un délai de forclusion décennal courant à compter de la mise en circulation du produit.

S'y ajoutent, selon les circonstances, la responsabilité contractuelle — une obligation de sécurité pesant sur un exploitant, un club, un organisateur — et la responsabilité des parents du fait de leur enfant mineur.

Sport, école, association

Ces trois configurations restent du droit commun, avec des nuances.

En matière sportive, l'acceptation des risques inhérents à la pratique limite la responsabilité entre participants pour les dommages matériels, mais la loi a écarté cette limite pour les dommages corporels. L'organisateur, lui, reste tenu d'une obligation de sécurité dont l'intensité varie selon le degré d'autonomie laissé au pratiquant. Toute association sportive doit par ailleurs proposer une assurance de personne.

En matière scolaire, l'article L. 911-4 du code de l'éducation substitue la responsabilité de l'État à celle de l'enseignant : l'action se porte contre l'État, devant le juge judiciaire. Les faits entre élèves relèvent en revanche de la responsabilité des parents.

Les garanties contractuelles

La garantie accidents de la vie a précisément été conçue pour les situations sans responsable. Elle est facultative et sa portée dépend entièrement du contrat : la plupart de ces garanties ne se déclenchent qu'au-delà d'un seuil de déficit fonctionnel permanent et excluent certaines activités. Notre article sur la garantie accidents de la vie en détaille le mécanisme et les points de blocage.

D'autres couvertures peuvent jouer : garantie individuelle accident, garanties de prévoyance collective, assurance scolaire et extrascolaire, garantie « accidents corporels » adossée à une multirisque habitation ou à une carte bancaire. Chacune répare selon ses propres règles, souvent forfaitaires, et non selon le droit de la réparation intégrale.

Lorsque personne n'est responsable

Il faut le dire sans détour : une chute dans son propre escalier, sans tiers ni défaut d'un produit, n'ouvre aucun droit à réparation du dommage corporel. Ce qui subsiste alors relève de la protection sociale — prise en charge des soins, indemnités journalières de droit commun, éventuelle pension d'invalidité — et des garanties souscrites.

Notre article sur les chutes et accidents domestiques examine les dispositifs mobilisables dans cette configuration.

L'évaluation des préjudices reste la même

Lorsqu'une responsabilité est établie, la réparation est intégrale et se décompose selon la nomenclature Dintilhac, exactement comme après un accident de la route. L'expertise médicale y occupe la même place centrale, et les référentiels indicatifs y sont utilisés de la même façon.

Approfondir : accident de la vie courante

Les fondamentaux, quel que soit le régime

Les notions ci-dessous — nomenclature des postes, consolidation, expertise, prescription — se retrouvent à l'identique dans tous les régimes d'indemnisation du dommage corporel.

Sources

Cette page a une vocation strictement informative. Elle ne constitue pas un conseil juridique. L'application des règles présentées à une situation particulière relève d'un avocat.

Vous avez une question ?

Décrivez brièvement votre situation. Un avocat indépendant prendra connaissance de votre message et vous recontactera.

Nous contacter