Relecture d'un document avant signature

La garantie accidents de la vie refuse : seuil et exclusions

Refus opposé au titre d'une garantie accidents de la vie : le seuil de déficit fonctionnel permanent, les exclusions les plus fréquentes, l'expertise du médecin de l'assureur et les voies de contestation.

Par Henry Houlier, directeur de la publicationHH Conseil
Publié le

N'est pas avocat et ne délivre aucun conseil juridique : les articles exposent des règles générales, jamais l'appréciation d'une situation particulière. Comment ces contenus sont écrits et vérifiés.

Réponse courte

Deux motifs dominent : le seuil de déficit fonctionnel permanent non atteint, et une exclusion contractuelle. Le premier se discute sur le terrain médical — c'est le taux retenu par le médecin de l'assureur qui est en cause, et il se conteste. Le second se discute sur le terrain du contrat : une clause d'exclusion doit être formelle, limitée, et rédigée en caractères très apparents, sous peine d'être inopposable.

La garantie accidents de la vie est vendue comme le filet de sécurité de l'accident sans responsable. Elle l'est — dans les limites d'un contrat que personne ne lit avant le sinistre.

Une garantie contractuelle, pas un droit

À la différence des régimes légaux, la GAV ne tient rien de la loi : son étendue, ses seuils et ses exclusions résultent des seules stipulations du contrat. Deux garanties portant le même nom peuvent couvrir des situations très différentes. Le fonctionnement d'ensemble est exposé dans notre article sur la garantie accidents de la vie.

Le seuil de déficit fonctionnel permanent

C'est le motif de refus le plus fréquent. La plupart des contrats ne se déclenchent qu'au-delà d'un taux de déficit fonctionnel permanent fixé au contrat. En dessous, rien n'est dû, quelle que soit la réalité des séquelles.

Deux choses se discutent ici. D'abord le taux lui-même : il est fixé par un médecin mandaté par l'assureur, dont l'évaluation n'a aucune valeur obligatoire — c'est une pièce du dossier, pas une décision. Ensuite le barème appliqué : le contrat désigne généralement un barème d'évaluation, et vérifier qu'il a bien été utilisé, et correctement, est le premier réflexe utile.

La méthode de relecture est celle exposée dans notre article sur les séquelles omises d'un rapport d'expertise, et l'assistance d'un médecin de recours y a le même intérêt. Un écart de deux points autour du seuil décide de tout.

Les exclusions les plus fréquentes

Reviennent régulièrement : les accidents survenus dans le cadre professionnel (renvoyés au régime AT/MP), les accidents de la circulation (renvoyés à la loi Badinter), les sports dits à risque limitativement énumérés, les conséquences d'un état pathologique antérieur, les faits volontaires, et les accidents survenus sous l'empire d'un état alcoolique.

Une clause d'exclusion n'est pas opposable de plein droit. L'article L. 113-1 du code des assurances exige qu'elle soit formelle et limitée — sa portée doit pouvoir être déterminée à la lecture, sans interprétation — et l'article L. 112-4 qu'elle figure en caractères très apparents. Une exclusion vague, ou noyée dans le corps du contrat, se conteste utilement.

Cette discussion est de même nature que celle exposée dans notre article sur le refus de garantie conducteur.

L'état antérieur

Troisième motif fréquent : l'assureur impute tout ou partie des séquelles à une pathologie préexistante. La discussion porte alors sur la part réellement imputable à l'accident, et non sur l'existence de l'état antérieur — un antécédent asymptomatique décompensé par l'accident ne réduit pas l'indemnisation dans les mêmes proportions qu'une pathologie déjà invalidante. Notre article sur l'état antérieur opposé par l'assureur détaille ce raisonnement.

Contester, et dans quels délais

La contestation commence par une demande écrite motivée, accompagnée du rapport du médecin de recours. Le contrat prévoit souvent une procédure d'arbitrage médical, dont il faut mesurer les effets avant de l'accepter. Le service réclamations de l'assureur, puis le médiateur de l'assurance, constituent les étapes suivantes.

Attention au délai : les actions dérivant d'un contrat d'assurance se prescrivent par deux ans, en application de l'article L. 114-1 du code des assurances. C'est beaucoup plus court que les dix ans du dommage corporel de droit commun, et cette différence surprend régulièrement.

Le cadre général figure sur notre page accident de la vie courante. L'appréciation d'un refus déterminé suppose la lecture du contrat et du rapport médical : elle relève d'un avocat.

Questions fréquentes

Le taux fixé par le médecin de l'assureur s'impose-t-il ?
Non. Un rapport d'expertise amiable est une pièce du dossier, pas une décision : il n'a aucune force obligatoire et se discute, notamment au vu d'une évaluation contradictoire établie par un médecin mandaté par la victime.
Une exclusion peut-elle être écartée ?
Oui, lorsqu'elle ne satisfait pas aux exigences du code des assurances : elle doit être formelle et limitée, c'est-à-dire de portée déterminable à la seule lecture, et figurer en caractères très apparents. Une clause vague, ou qui viderait la garantie de sa substance, est inopposable à l'assuré.
Quel est le délai pour agir contre l'assureur ?
Deux ans à compter de l'évènement qui y donne naissance, en application de l'article L. 114-1 du code des assurances. Ce délai biennal est nettement plus court que celui applicable à l'action en réparation d'un dommage corporel de droit commun.
La GAV se cumule-t-elle avec une indemnisation par un responsable ?
Cela dépend de la nature de la garantie. La plupart des contrats sont indemnitaires : ils ne versent que ce qui n'a pas été réparé par ailleurs et comportent une clause de subrogation. Certaines garanties forfaitaires se cumulent en revanche avec une indemnisation de droit commun.

Cet article a une vocation strictement informative. Il ne constitue pas un conseil juridique. L'application des règles présentées à une situation particulière relève d'un avocat.

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