Façade d'un palais de justice
Information juridique

Le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO)

Présentation du fonds public d'indemnisation et de son rôle subsidiaire.

Par Henry Houlier, directeur de la publicationHH Conseil
Publié le · Mis à jour le

N'est pas avocat et ne délivre aucun conseil juridique : les articles exposent des règles générales, jamais l'appréciation d'une situation particulière. Comment ces contenus sont écrits et vérifiés.

Présentation générale

Le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages (FGAO)est un organisme français de droit privé chargé d'une mission d'intérêt général. Créé en 1951 sous le nom de Fonds de Garantie Automobile, il est régi principalement par le Code des assurances (notamment les articles L. 421-1 et suivants).

Le FGAO a vocation à indemniser certaines victimes d'accidents lorsque l'auteur ne peut pas répondre lui-même de son obligation d'indemnisation, dans les cas et conditions limitativement prévus par la loi. Son intervention est subsidiaire : elle ne se substitue pas à l'indemnisation par un assureur si celle-ci est possible.

Cas d'intervention en matière d'accidents de la circulation

En matière d'accidents de la circulation, le FGAO peut être saisi notamment dans les situations suivantes :

  • Auteur inconnu ou en fuite : lorsque l'identité de l'auteur de l'accident n'a pas pu être établie, par exemple en cas de délit de fuite.
  • Auteur identifié mais non assuré : lorsque le responsable est identifié mais qu'il n'a pas souscrit l'assurance obligatoire de responsabilité civile prévue par le Code des assurances. Lorsque le véhicule impliqué appartient à une entreprise, la question de l'assureur mobilisable se pose différemment : accident impliquant un poids lourd ou un véhicule d'entreprise.
  • Insolvabilité ou défaillance de l'assureur : dans certaines hypothèses prévues par les textes, lorsque l'assureur du responsable est insolvable ou ne peut pas honorer ses obligations.

FGAO ou assurance : qui indemnise, et dans quel cas

La confusion est fréquente, et elle a une conséquence pratique : on ne « souscrit » pas au FGAO. Le Fonds n'est pas un assureur et ne délivre aucun contrat. C'est un organisme alimenté notamment par des contributions assises sur les primes d'assurance, qui intervient à défautd'assureur mobilisable.

La règle de répartition est simple dans son principe :

  • Un assureur est identifiable — celui du véhicule impliqué — : c'est lui qui indemnise, dans le cadre et selon les délais de la loi Badinter. Le Fonds n'a pas à intervenir. La qualification d'assurance « responsable / non responsable » ne commande d'ailleurs pas le droit à réparation : ce que change réellement l'absence de faute.
  • Aucun assureur ne peut être actionné — auteur non identifié, véhicule non assuré, assureur défaillant — : le FGAO prend le relais.

C'est ce qu'on appelle le caractère subsidiaire de son intervention. Il explique pourquoi la victime doit, en principe, avoir tenté d'obtenir réparation par la voie habituelle avant de saisir le Fonds.

Une situation est régulièrement mal orientée : l'accident sans tiers, où le conducteur est seul en cause. Il ne relève pas du FGAO — il n'y a pas d'auteur à rechercher — mais de la garantie du conducteur, qui est contractuelle. Cette garantie est aussi celle qui donne lieu au plus grand nombre de refus, pour des motifs tirés du contrat lui-même : les motifs de refus de la garantie conducteur, et ce qu'ils valent.

Préjudices pris en charge

Le FGAO peut, selon les cas, prendre en charge :

  • les dommages corporels subis par la victime, dans les conditions prévues par la loi ;
  • les dommages matériels, dans certaines hypothèses et avec des limites prévues par la réglementation.

Les modalités de prise en charge varient selon la nature de la situation (auteur inconnu, auteur non assuré, etc.) et selon que la victime relève ou non de certaines catégories protégées par la loi.

À quelle hauteur le FGAO indemnise-t-il ?

Pour le dommage corporel, l'évaluation obéit aux mêmes principes que face à un assureur : réparation intégrale, poste par poste, selon la nomenclature Dintilhac. Ce sont également les mêmes référentiels indicatifs qui servent de repères, et les fourchettes relevées poste par poste sont réunies sur notre page indemnité accident de la route. Être indemnisé par le Fonds plutôt que par un assureur ne réduit donc pas, en soi, le périmètre de ce qui est réparable.

Le régime des dommages matériels est en revanche nettement plus restrictif : il est encadré par des conditions, une franchise et des plafonds fixés par voie réglementaire. Ces montants étant révisables, ils doivent être vérifiés à la date de la demande auprès du Fonds lui-même.

Comme face à un assureur, la créance des organismes sociaux se déduit poste par poste du montant évalué.

Saisine du FGAO

La saisine du FGAO obéit à des règles de procédure et à des délais propres, fixés par le Code des assurances et par les textes réglementaires applicables. La demande doit notamment comporter les éléments permettant d'établir les circonstances de l'accident et l'impossibilité d'obtenir l'indemnisation par la voie habituelle.

Compte tenu du caractère subsidiaire de l'intervention du FGAO, la victime doit en principe avoir accompli ou tenté les démarches visant à obtenir l'indemnisation auprès de l'assureur du responsable, lorsque cela est possible. La conduite de cette procédure relève d'un avocat.

Les délais de saisine sont propres au Fonds et ne se confondent pas avec la prescription décennale de l'action en réparation d'un dommage corporel. Ils sont plus courts, et leur point de départ varie selon la configuration — date de l'accident, connaissance du défaut d'assurance, décision de justice. Ces délais étant fixés par voie réglementaire et révisables, leur valeur applicable doit être vérifiée directement auprès du Fonds ou de son site officiel, référencé en fin de page. Laisser courir un délai de forclusion est l'une des rares erreurs véritablement irrattrapables dans ce domaine.

Articulation avec la loi Badinter

Le FGAO intervient dans le cadre du régime d'indemnisation prévu par la loi Badinter du 5 juillet 1985. Les principes d'indemnisation des victimes — notamment la distinction entre victimes conductrices et non conductrices et la place faite à la faute de la victime — s'appliquent dans les rapports avec le Fonds. Le régime lui-même est exposé en détail dans notre article sur ce que dit la loi en matière d'indemnisation après un accident de la route.

Questions fréquentes sur le FGAO

Qu'est-ce que le FGAO ?

Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages est un organisme qui indemnise les victimes lorsque le mécanisme assurantiel habituel ne peut pas jouer : auteur non identifié, auteur non assuré, ou assureur défaillant. Son intervention est subsidiaire — elle suppose qu'aucun assureur ne puisse être actionné.

Le FGAO est-il une assurance ?

Non. Ce n'est ni un assureur, ni un contrat auquel on souscrit. C'est un fonds alimenté notamment par des contributions assises sur les primes d'assurance, qui intervient à défaut d'assureur mobilisable. On ne peut donc pas « être assuré au FGAO ».

Le FGAO indemnise-t-il en cas de délit de fuite ?

C'est l'un de ses cas d'intervention typiques. Lorsque l'auteur d'un accident n'est pas identifié, le Fonds peut prendre en charge le dommage corporel de la victime. Le dépôt de plainte et la déclaration au Fonds dans les délais impartis sont des étapes déterminantes.

L'indemnisation par le FGAO est-elle inférieure à celle d'un assureur ?

Pour le dommage corporel, l'évaluation obéit aux mêmes principes de réparation intégrale et s'appuie sur les mêmes référentiels indicatifs que face à un assureur. Le régime des dommages matériels est en revanche plus restrictif, avec des limites fixées par voie réglementaire.

Faut-il avoir tenté d'obtenir l'indemnisation ailleurs avant de saisir le Fonds ?

L'intervention du FGAO étant subsidiaire, la victime doit en principe avoir accompli ou tenté les démarches auprès de l'assureur du responsable lorsque cela est possible. C'est cette impossibilité d'obtenir réparation par la voie habituelle qui ouvre la saisine.

Pour aller plus loin

Sources

Cette page a une vocation strictement informative. Elle ne constitue pas un conseil juridique. L'application des règles présentées à une situation particulière relève d'un avocat.

Vous avez une question ?

Décrivez brièvement votre situation. Un avocat indépendant prendra connaissance de votre message et vous recontactera.

Nous contacter