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Délais de prescription : combien de temps pour agir ?

Dix ans, cinq ans, suspensions, interruptions : les règles de prescription en matière d'indemnisation des victimes d'accidents.

Par Henry Houlier, directeur de la publicationHH Conseil
Publié le

N'est pas avocat et ne délivre aucun conseil juridique : les articles exposent des règles générales, jamais l'appréciation d'une situation particulière. Comment ces contenus sont écrits et vérifiés.

Le droit à indemnisation n'est pas perpétuel. La loi fixe des délais de prescription au-delà desquels la victime ne peut plus agir en justice. Connaître ces délais est essentiel pour ne pas perdre ses droits — et savoir, à l'inverse, qu'on dispose parfois de plus de temps qu'on ne le croit.

Dommage corporel : dix ans à compter de la consolidation

En matière de dommage corporel, l'article 2226 du Code civil prévoit que l'action en responsabilité née d'un événement ayant entraîné un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé.

La consolidation correspond au moment où l'état de la victime est considéré comme stabilisé. Cette date est fixée par le médecin-expert dans le cadre d'une expertise médicale. Tant que la victime n'est pas consolidée, le délai ne court pas.

Lorsque le dommage corporel résulte d'un acte de torture, de barbarie, de violences ou d'agressions sexuelles commis sur un mineur, le délai est porté à vingt ans.

Dommage matériel : cinq ans à compter de la connaissance

Pour les dommages purement matériels, c'est l'article 2224 du Code civil qui s'applique : le délai est de cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir.

Suspensions et interruptions du délai

Le délai de prescription n'est pas figé. Plusieurs événements peuvent le modifier :

  • Interruption : certains actes font repartir le délai à zéro. C'est le cas notamment d'une assignation en justice, d'une mesure d'exécution forcée, ou d'une reconnaissance par l'assureur de son obligation d'indemniser.
  • Suspension : d'autres événements arrêtent temporairement le décompte du délai, qui reprend son cours ensuite (par exemple, en cas d'expertise judiciaire ordonnée par le juge).

Les délais propres à l'assurance

En plus des délais de prescription du droit civil, les contrats d'assurance prévoient des délais de déclaration à l'assureur (généralement 5 jours ouvrés à compter de l'accident, parfois plus court selon les contrats). Le non-respect de ce délai peut, sous conditions, entraîner une déchéance de garantie. Toutefois, ces sanctions ne peuvent en principe pas être opposées à la victime tierce d'un accident — elles concernent le rapport entre l'assuré et son assureur.

L'aggravation des séquelles : un nouveau point de départ ?

Lorsque l'état de la victime s'aggrave après la consolidation, un nouveau délai peut courir à compter de la consolidation de l'aggravation. Cela permet de demander une indemnisation complémentaire pour les séquelles aggravées, même longtemps après l'accident initial.

Et si je doute du délai applicable ?

La détermination du délai applicable à une situation particulière dépend de nombreux facteurs : nature du dommage, qualité de la victime, date de la consolidation, événements survenus entre l'accident et la consolidation. Une analyse précise relève d'un avocat. Mieux vaut consulter rapidement, même si l'accident remonte à plusieurs années : un dossier qu'on croit prescrit ne l'est pas toujours.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour agir en réparation d'un dommage corporel ?
Dix ans à compter de la consolidation du dommage. Ce point de départ, distinct de la date de l'accident, peut reporter sensiblement le terme du délai.
Ce délai peut-il être suspendu ou interrompu ?
Oui. Certains événements interrompent la prescription et font courir un nouveau délai, d'autres la suspendent. Une action en justice ou la reconnaissance d'un droit produisent notamment cet effet.
Une aggravation ouvre-t-elle un nouveau délai ?
L'aggravation constitue un préjudice nouveau, susceptible d'ouvrir droit à une indemnisation complémentaire avec son propre point de départ. La date à retenir dépend des circonstances médicales.

Sources et références

Textes et documents consultés pour écrire cet article, dans leur version publique. Notre méthode de vérification.

Cet article a une vocation strictement informative. Il ne constitue pas un conseil juridique. L'application des règles présentées à une situation particulière relève d'un avocat.

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