Relecture d'un document avant signature

Contester le taux d'IPP fixé par la CPAM : la marche à suivre

Taux d'incapacité permanente jugé trop faible : ce qu'il recouvre, ce qui le détermine, le délai de deux mois pour saisir la commission médicale de recours amiable et les conséquences sur la rente.

Par Henry Houlier, directeur de la publicationHH Conseil
Publié le

N'est pas avocat et ne délivre aucun conseil juridique : les articles exposent des règles générales, jamais l'appréciation d'une situation particulière. Comment ces contenus sont écrits et vérifiés.

Réponse courte

Le taux d'incapacité permanente se conteste devant la commission médicale de recours amiable, dans un délai de deux mois à compter de la notification. L'enjeu est considérable : en dessous de 10 %, le taux ne donne droit qu'à une indemnité en capital versée une fois ; à partir de 10 %, il ouvre une rente viagère.

Le courrier annonce un pourcentage — 5 %, 8 %, 12 % — sans expliquer d'où il vient. C'est pourtant ce chiffre qui détermine tout ce qui suit.

Ce que le taux mesure

Après la consolidation, le médecin conseil de la caisse fixe un taux d'incapacité permanente partielle. Il l'établit au regard d'un barème indicatif d'invalidité annexé au code de la sécurité sociale, en tenant compte de la nature de l'infirmité, de l'état général, de l'âge, des facultés physiques et mentales, ainsi que des aptitudes et de la qualification professionnelle de la victime.

Ces quatre derniers critères sont souvent négligés dans la discussion, alors qu'ils permettent de s'écarter du barème : une même séquelle n'a pas les mêmes conséquences pour un manutentionnaire et pour un employé administratif.

Ce taux est proche, dans son objet, du déficit fonctionnel permanent du droit commun, sans se confondre avec lui : le premier mesure une perte de capacité de gain, le second une atteinte à l'intégrité et à la qualité de vie.

Le seuil de 10 %, et pourquoi il change tout

En dessous de 10 %, le taux donne lieu à une indemnité en capital, versée une seule fois, dont le montant est fixé par un barème forfaitaire. À partir de 10 %, il ouvre une rente viagère, calculée sur le salaire annuel et sur le taux — ce dernier étant réduit de moitié pour sa part inférieure à 50 %, et majoré de moitié au-delà.

L'écart entre 9 % et 10 % n'est donc pas d'un point : c'est le passage d'un versement unique à un revenu servi à vie. C'est ce qui rend la contestation d'un taux situé juste sous le seuil particulièrement significative.

La commission médicale de recours amiable

La contestation d'une décision de nature médicale ne relève pas de la commission de recours amiable ordinaire mais de la commission médicale de recours amiable, saisie dans les deux mois de la notification. La saisine doit être adressée au service médical, et la victime peut demander la communication du rapport médical ayant fondé la décision — le faire par un médecin qu'elle mandate est le moyen le plus sûr d'accéder à l'entier dossier.

Après avis de cette commission, le pôle social du tribunal judiciaire peut être saisi. Il ordonne alors, le plus souvent, une consultation ou une expertise médicale judiciaire.

Se faire assister

Un médecin de recours apporte ici le même bénéfice qu'en matière d'accident de la circulation : il lit le rapport du médecin conseil, identifie les séquelles omises ou sous-cotées, et formule une contestation dans les termes du barème. Une contestation qui se borne à exprimer un désaccord, sans discuter le barème ni les pièces, prospère rarement.

Notre article sur les séquelles oubliées d'un rapport d'expertise décrit la méthode de relecture applicable.

Un taux qui peut évoluer

Le taux n'est pas figé. En cas d'aggravation de l'état de santé, une révision peut être demandée, selon une logique voisine de celle exposée dans notre article sur l'aggravation des séquelles. À l'inverse, une amélioration peut conduire la caisse à réviser le taux à la baisse.

L'appréciation d'un taux dans une situation donnée suppose l'examen du dossier médical : elle relève d'un médecin, et sa contestation en justice d'un avocat.

Questions fréquentes

Peut-on obtenir le rapport du médecin conseil ?
Oui. La victime peut demander la communication des éléments médicaux ayant fondé la décision. En pratique, la transmission se fait le plus souvent à un médecin qu'elle mandate, ce qui permet d'accéder à l'entier rapport et de le discuter pièce par pièce.
Contester un taux peut-il conduire à le voir baisser ?
La commission médicale et, le cas échéant, le juge réexaminent le taux : une révision à la baisse n'est pas exclue, même si elle est peu fréquente lorsque la contestation s'appuie sur des séquelles documentées. C'est un point à mesurer avant d'engager la contestation.
Le taux d'IPP est-il le même que le déficit fonctionnel permanent ?
Non. Le taux d'incapacité permanente du régime des accidents du travail mesure principalement une perte de capacité de gain, selon un barème propre à la sécurité sociale. Le déficit fonctionnel permanent du droit commun mesure l'atteinte à l'intégrité et à la qualité de vie. Les deux notions peuvent aboutir à des pourcentages différents pour les mêmes séquelles.
Que se passe-t-il si le taux reste inférieur à 10 % ?
La victime perçoit une indemnité en capital, versée en une fois, dont le montant est fixé par un barème forfaitaire révisé périodiquement. Elle ne perçoit pas de rente. Une aggravation ultérieure peut conduire à une révision du taux et, si le seuil est franchi, à l'ouverture d'une rente.

Cet article a une vocation strictement informative. Il ne constitue pas un conseil juridique. L'application des règles présentées à une situation particulière relève d'un avocat.

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