Préjudice esthétique temporaire et permanent : la cotation 1 à 7
Préjudice esthétique temporaire et permanent : définition, cotation de 1/7 à 7/7, rôle de l'âge de la victime. Un poste distinct des souffrances endurées et du déficit fonctionnel.
N'est pas avocat et ne délivre aucun conseil juridique : les articles exposent des règles générales, jamais l'appréciation d'une situation particulière. Comment ces contenus sont écrits et vérifiés.
Un accident peut laisser des traces visibles : cicatrices, brûlures, déformations, boiterie, amputation, port permanent d'une prothèse ou d'un appareillage apparent. L'atteinte à l'apparence physique constitue un préjudice à part entière, distinct de la douleur et du handicap fonctionnel. Le droit français le répare sous le nom de préjudice esthétique.
Deux temps : le temporaire et le permanent
La nomenclature Dintilhac distingue deux préjudices esthétiques :
- Le préjudice esthétique temporaire répare l'altération de l'apparence pendant la période de soins, avant consolidation : visage tuméfié, membre plâtré exposé au regard, cicatrices en cours de cicatrisation, dispositifs médicaux visibles.
- Le préjudice esthétique permanent répare l'altération qui subsiste après la consolidation, une fois l'état stabilisé.
Ces deux postes se cumulent : une victime peut être indemnisée au titre de l'un et de l'autre.
Une cotation de 1 à 7
Comme les souffrances endurées, le préjudice esthétique est évalué par l'expert médical sur une échelle de 1 à 7, du très léger — une cicatrice discrète — au très important : défigurations, brûlures étendues, amputations visibles. L'expert décrit précisément l'atteinte, sa localisation, son étendue et sa visibilité, et lui attribue un degré.
Le rôle de l'âge
Une particularité mérite d'être connue : à cotation égale, un préjudice esthétique est en principe apprécié plus fortement chez une personne jeune. La logique est simple — la cicatrice ou la déformation sera « portée » plus longtemps. L'âge de la victime, sa situation et la localisation de l'atteinte, un visage n'étant pas comparable à une zone habituellement couverte, modulent l'évaluation.
Ne pas confondre les postes
Le préjudice esthétique se distingue nettement :
- des souffrances endurées, qui réparent la douleur et non l'apparence ;
- du déficit fonctionnel permanent, qui répare la perte de fonction et non le regard porté sur soi.
Une même cicatrice peut ainsi relever de plusieurs postes si elle est à la fois douloureuse, invalidante et visible — sans que cela constitue une double indemnisation, dès lors que chaque poste répare un aspect différent.
Un poste à documenter
Parce qu'il repose sur une appréciation visuelle, ce poste gagne à être documenté : photographies datées de l'évolution des lésions, description médicale détaillée. Une atteinte insuffisamment prise en compte dans une proposition amiable peut être rediscutée, notamment lorsque la visibilité de la séquelle ou l'âge de la victime n'ont pas été appréciés.
Pour approfondir
Questions fréquentes
Peut-on cumuler préjudice esthétique temporaire et permanent ?
Pourquoi l'âge influence-t-il l'évaluation de ce poste ?
Comment documenter un préjudice esthétique ?
Sources et références
Textes et documents consultés pour écrire cet article, dans leur version publique. Notre méthode de vérification.
Cet article a une vocation strictement informative. Il ne constitue pas un conseil juridique. L'application des règles présentées à une situation particulière relève d'un avocat.
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