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Le préjudice d'agrément : la perte des activités de loisirs et de sport

Préjudice d'agrément : définition, différence avec le déficit fonctionnel permanent, preuve de la pratique antérieure d'une activité de loisir ou de sport. Un poste souvent omis.

Par Henry Houlier, directeur de la publicationHH Conseil
Publié le

N'est pas avocat et ne délivre aucun conseil juridique : les articles exposent des règles générales, jamais l'appréciation d'une situation particulière. Comment ces contenus sont écrits et vérifiés.

Au-delà de la douleur et du handicap, un accident prive parfois la victime de ce qui structurait sa vie personnelle : un sport pratiqué assidûment, un instrument de musique, la danse, le jardinage, la randonnée. Cette privation porte un nom en droit du dommage corporel : le préjudice d'agrément.

Une définition plus étroite qu'il n'y paraît

Le préjudice d'agrément ne répare pas la diminution générale de la qualité de vie — celle-ci est déjà comprise dans le déficit fonctionnel permanent. Il répare l'impossibilité de pratiquer une activité déterminée de loisir ou de sport que la victime exerçait avant l'accident.

La jurisprudence en a précisé les contours : ce poste vise l'impossibilité de poursuivre une activité identifiée, mais peut également couvrir la limitation dans sa pratique — moins souvent, moins intensément. Ce qui compte est l'existence d'une activité précise et antérieure.

La preuve, élément déterminant

C'est là que se joue l'essentiel. Pour être indemnisée, la victime doit établir qu'elle pratiquait réellement l'activité avant l'accident. Les éléments utiles sont nombreux :

  • licence sportive, adhésion à un club ou à une association ;
  • inscriptions à des compétitions, classements, palmarès ;
  • attestations de proches, de partenaires, d'un entraîneur ;
  • photographies, factures d'équipement, historique de réservations.

Sans ces éléments, le poste est aisément écarté. Avec eux, la privation devient objectivable, donc indemnisable.

Ce qui module l'évaluation

L'appréciation tient compte de l'intensité de la pratique antérieure — loisir occasionnel ou activité structurante —, du niveau atteint, de l'âge de la victime et du caractère définitif ou partiel de la privation. La perte d'une pratique centrale dans la vie de la personne pèse davantage qu'un loisir épisodique. Ces éléments relèvent d'une appréciation au cas par cas, non d'un tarif (voir le rôle des référentiels indicatifs).

Un poste régulièrement négligé

Le préjudice d'agrément fait partie de ceux que les propositions amiables omettent le plus souvent, précisément parce qu'il dépend d'éléments que la victime doit apporter. Le mentionner dès l'expertise, en fournir les preuves et vérifier qu'il figure dans la proposition sont des réflexes utiles. Une offre qui l'ignore mérite d'être discutée (voir contester une offre insuffisante).

Questions fréquentes

Quelle différence entre préjudice d'agrément et déficit fonctionnel permanent ?
Le déficit fonctionnel permanent répare la réduction générale des capacités et de la qualité de vie. Le préjudice d'agrément répare spécifiquement l'impossibilité de poursuivre une activité de loisir ou de sport identifiée, pratiquée avant l'accident.
Comment prouver la pratique d'une activité avant l'accident ?
Par une licence sportive, une adhésion à un club, des inscriptions à des compétitions, des attestations de proches ou d'un entraîneur, des photographies ou des factures d'équipement. Sans ces éléments, le poste est facilement écarté.
Une pratique simplement limitée ouvre-t-elle droit à indemnisation ?
La jurisprudence admet que ce poste ne se limite pas à l'impossibilité totale : une limitation significative dans la fréquence ou l'intensité de la pratique peut être prise en compte, dès lors que l'activité antérieure est établie.

Sources et références

Textes et documents consultés pour écrire cet article, dans leur version publique. Notre méthode de vérification.

Cet article a une vocation strictement informative. Il ne constitue pas un conseil juridique. L'application des règles présentées à une situation particulière relève d'un avocat.

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