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L'auteur condamné ne paie pas : le SARVI

Dommages et intérêts alloués au pénal mais non versés : le service d'aide au recouvrement des victimes d'infractions, ses conditions, son délai de deux mois et son articulation avec la CIVI.

Par Henry Houlier, directeur de la publicationHH Conseil
Publié le

N'est pas avocat et ne délivre aucun conseil juridique : les articles exposent des règles générales, jamais l'appréciation d'une situation particulière. Comment ces contenus sont écrits et vérifiés.

Réponse courte

Le SARVI s'adresse à la victime qui dispose d'une décision pénale définitive lui allouant des dommages et intérêts, mais qui ne relève pas de la CIVI et n'a pas été payée. Il faut avoir attendu deux mois après la décision devenue définitive et saisir dans l'année. Le service verse une avance puis se charge du recouvrement auprès du condamné.

Obtenir une condamnation et ne rien percevoir est une expérience courante. Le SARVI a été créé pour cette situation précise, et il reste peu connu.

Ce qu'il est, et ce qu'il n'est pas

Le service d'aide au recouvrement des victimes d'infractions est géré par le Fonds de garantie, comme la CIVI, mais il obéit à une logique différente. La CIVI indemnise : elle apprécie elle-même le préjudice et en fixe le montant. Le SARVI recouvre : il part d'une somme déjà fixée par un juge pénal et se charge d'en obtenir le paiement.

Les deux dispositifs sont exclusifs l'un de l'autre. Le SARVI s'adresse précisément aux victimes qui ne remplissent pas les conditions de l'article 706-3 — préjudices matériels, atteintes n'atteignant pas le seuil d'incapacité, infractions hors de la liste — mais qui ont malgré tout obtenu des dommages et intérêts au pénal.

Les conditions

  • une décision pénale définitive — plus susceptible de recours — allouant des dommages et intérêts ;
  • un délai de deux mois écoulé depuis que la décision est devenue définitive, sans que le condamné ait payé ;
  • une saisine dans l'année suivant l'expiration de ce délai ;
  • ne pas relever du régime de la CIVI pour les mêmes faits.

La demande se fait par formulaire adressé au Fonds de garantie, accompagné de la décision et de son certificat de non-appel.

Ce qui est versé

Le service verse d'abord une avance, dont le calcul distingue deux tranches : la totalité des sommes allouées jusqu'à un plafond, puis une fraction au-delà, elle-même plafonnée. Le solde n'est versé qu'au fur et à mesure de ce qui est effectivement recouvré auprès du condamné.

C'est la limite du dispositif : il garantit une avance, pas l'intégralité de la créance. Face à un condamné durablement insolvable, la victime peut ne jamais percevoir le solde.

Le Fonds est subrogé dans les droits de la victime et dispose de moyens de recouvrement qu'un particulier n'a pas, notamment l'accès à des fichiers administratifs.

Vérifier d'abord l'éligibilité à la CIVI

Avant de saisir le SARVI, il vaut la peine de vérifier que le dossier ne relève pas de la CIVI : la réparation y est intégrale et non plafonnée dans le régime de l'article 706-3, ce qui est sans commune mesure avec l'avance du SARVI.

Le critère décisif est celui de l'incapacité totale de travail au sens pénal et de la nature de l'infraction, exposé dans notre article après une agression et dans celui consacré à la procédure devant la CIVI.

Le cadre général figure sur notre page victime d'une infraction. Déterminer lequel des deux dispositifs s'applique à une situation donnée suppose un examen des faits et relève d'un avocat.

Questions fréquentes

Peut-on saisir le SARVI et la CIVI ?
Non, les deux dispositifs sont exclusifs l'un de l'autre pour les mêmes faits. Le SARVI s'adresse aux victimes qui ne remplissent pas les conditions d'accès à la CIVI mais disposent d'une décision pénale leur allouant des dommages et intérêts.
Le SARVI verse-t-il l'intégralité des dommages et intérêts ?
Non. Il verse une avance calculée par tranches, avec un plafond, puis le solde au fur et à mesure des sommes effectivement recouvrées auprès du condamné. Face à un débiteur durablement insolvable, le solde peut ne jamais être versé.
Que signifie « décision définitive » ?
Une décision qui n'est plus susceptible de recours ordinaire : les délais d'appel et d'opposition sont expirés, ou les voies de recours ont été épuisées. Un certificat de non-appel, délivré par le greffe, en apporte la preuve.
Faut-il un avocat pour saisir le SARVI ?
Ce n'est pas obligatoire : la demande se fait par formulaire adressé au Fonds de garantie, accompagné de la décision et du certificat de non-appel. L'enjeu principal se situe en amont, dans la vérification que le dossier ne relève pas plutôt de la CIVI.

Cet article a une vocation strictement informative. Il ne constitue pas un conseil juridique. L'application des règles présentées à une situation particulière relève d'un avocat.

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