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Cas particuliers6 min6 mai 2026

Délit de fuite et auteur non assuré : le rôle du FGAO en pratique

Lorsque l'auteur de l'accident est inconnu ou non assuré, le Fonds de Garantie peut prendre le relais. Comment et dans quelles conditions ?

Lorsqu'on est victime d'un accident de la circulation, l'indemnisation repose en principe sur l'assureur du véhicule responsable. Mais il arrive que cet assureur fasse défaut — soit parce que l'auteur a pris la fuite, soit parce qu'il n'avait pas souscrit l'assurance obligatoire. Dans ces situations, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages (FGAO) peut prendre le relais.

Qu'est-ce que le FGAO ?

Le FGAO est un organisme de droit privé chargé d'une mission d'intérêt général, prévu par le Code des assurances. Son rôle est notamment d'indemniser certaines victimes d'accidents lorsque l'auteur ne peut pas répondre lui-même de son obligation d'indemnisation. Son intervention est subsidiaire : elle ne se substitue pas à l'indemnisation par un assureur si celle-ci est possible.

Cas typiques d'intervention

En matière d'accidents de la circulation, le FGAO peut être saisi notamment dans les cas suivants :

  • Auteur inconnu ou en fuite : véhicule qui prend la fuite après l'accident sans que son identification soit possible.
  • Auteur identifié mais non assuré : véhicule n'ayant pas souscrit l'assurance obligatoire de responsabilité civile.
  • Insolvabilité ou défaillance de l'assureur : dans certains cas où l'assureur ne peut pas honorer ses obligations.

Quels préjudices sont pris en charge ?

Le FGAO prend en charge, selon les cas :

  • les dommages corporels de la victime, dans les conditions prévues par la loi (avec une protection renforcée pour les piétons, cyclistes et passagers) ;
  • les dommages matériels, dans certaines hypothèses et avec des limites prévues par la réglementation (notamment des franchises ou des plafonds spécifiques selon la situation).

La loi Badinter s'applique pleinement dans le cadre du FGAO. Les victimes non conductrices, les jeunes, les personnes âgées et les personnes handicapées bénéficient ainsi de la même protection que dans une procédure classique.

Comment saisir le FGAO ?

La procédure de saisine obéit à des règles précises :

  1. Déposer plainte auprès des forces de l'ordre, en particulier en cas de délit de fuite. Le procès-verbal est une pièce essentielle du dossier FGAO.
  2. Réunir les éléments médicaux : certificat médical initial, comptes rendus d'hospitalisation, justificatifs de frais.
  3. Adresser une demande au FGAO, accompagnée de l'ensemble des pièces, dans les délais prévus par la réglementation.
  4. Suivre la procédure d'instruction du dossier par le Fonds, qui peut comporter une expertise médicale.

Les délais de saisine sont stricts. Une saisine tardive peut entraîner le rejet de la demande, indépendamment du fond du dossier. Il est fortement recommandé de se faire accompagner par un avocat dès la phase de constitution du dossier.

Que faire en cas de désaccord avec le FGAO ?

La victime n'est pas tenue d'accepter l'offre d'indemnisation du Fonds. En cas de désaccord, plusieurs voies sont ouvertes : négociation, expertise contradictoire, voire saisine des tribunaux. La discussion peut porter aussi bien sur l'évaluation des préjudices que sur l'éligibilité elle-même au dispositif.

Compte tenu de la complexité des règles applicables — articulation avec la loi Badinter, plafonds, franchises, recours subsidiaires — la conduite d'un dossier FGAO relève typiquement d'un avocat.

Cet article a une vocation strictement informative. Il ne constitue pas un conseil juridique. L'application des règles présentées à une situation particulière relève d'un avocat.

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